Médecine :

- Le rapport Vallancien sur les hôpitaux publics (20/07/06)

- L'interdiction de fumer dans les lieux publics (20/10/06), le remboursement de produits pour arrêter de fumer

- De l'utilisation de mécanismes inconscients pour vendre (entre autres) des produits substitutifs à la cigarette, des conséquences que cela peut avoir sur la société, rôle de la politique

- un ministre médecin

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Le rapport Vallancien

Nous nous référons au rapport : « l'évaluation de la sécurité, de la qualité et de la continuité des soins chirurgicaux dans les petits hôpitaux publics en France » commandé à Guy Vallancien par le ministre de la santé et des solidarités, monsieur Xavier Bertrand. Ce rapport qui proposait de fermer 113 blocs opératoires est accessible notamment sur http://leblogdupetitdocteur.blogspirit.com, in "archives".

Le rapport dit des 113 blocs opératoires est, comme l'ont dit les représentants du secteur hospitalier, « cousu de fautes ». C'est exact et il n'est pas difficile de le démontrer. Mais nous verrons que de plus ce rapport nous renseigne sur le futur envisagé pour la fonction hospitalière. Nous relèverons donc certaines « erreurs
» qui, de fait, tracent en filigrane une certaine vision de l'hôpital de demain. A vous de juger si cet avenir vous convient.

Prenons la 1ère phrase de l'introduction : « La France est au monde le pays où le nombre d'établissements de soins publics et privés rapporté à la population est le plus élevé ». Il y aurait trop d'hôpitaux. C'est fort possible mais on mêle ici les chiffres publics et privés et on omet de dire qu'il y a plus d'hôpitaux privés que publics. D'ailleurs, tout le long de ce rapport, selon l'usage, est souvent cité « un hôpital » mais n'est pas précisé s'il s'agit d'un hôpital privé ou public (mais c'est involontaire, assurément), de même pour les « cliniques ». Poursuivons : 5ème phrase : il y a une « dispersion des ressources médicales et chirurgicales sur le territoire national ». Le ton est donc donné : est utilisé le terme péjoratif de dispersion (remarque : la dispersion porte aussi sur le médical). Le rapport est axé dès le début en défaveur du système actuel. Ce rapport n'est pas comme l'indique son titre une simple évaluation mais est déjà de prime abord une sanction. Or, une introduction est faite pour proposer un plan d'étude, non pas pour en donner les conclusions.

Pour nous démontrer la nécessité de réduire les hôpitaux -ou les blocs- l'auteur s'appuie sur un questionnaire : page 6, 6èmement : « une enquête par téléphone auprès de 100 personnes (maires, médecins, pharmaciens, usagers) a permis d'analyser la satisfaction des populations des petites villes qui ont connu une fermeture de leur service de chirurgie comme La Mure, Chamonix, Valognes, Saint Amand, Montaigu, Royan ou de villes qui n'en ont jamais eu tel Ouessant, Sein, Yeu ou Belle Ile ». Ce qui fait donc dix personnes par commune, pour un panel c'est un panel. On se targue d'avoir pris en compte l'avis de certaines instances, on nous dit (8èmement) que des « auditions » de divers intervenants en santé « ont eu lieu après qu'un questionnaire standard leur ait été adressé avant l'entretien » ( liste nominative p 65). Nous pouvons lire p 11 les résultats de l'enquête téléphonique de satisfaction, et on se demande qui répondrait non à la question : plébiscitez-vous l'hélicoptère quand c'est nécessaire ? (80%) Privilégiez-vous la qualité des soins par rapport à la proximité de l'hôpital ? (90%) Implicitement dans cette question la personne interrogée entend la qualité ou la proximité, non pas l'un et l'autre. Voir page 78 le questionnaire, très orienté.

Parlons de ce que ce rapport met sciemment de côté (p 7) : « les maternités n'ont pas fait l'objet de cette étude car elles n'entraient pas dans le champ d'investigation du rapport et nous n'avions pas la compétence requise pour évaluer leur situation. » l'hôpital est découpé en petites tranches, ce n'est pas clair, où est la chirurgie obstétrique dans ce classement ?* Aucune évaluation non plus des domtom ni de la corse, pour « des raisons de temps ». Allons voyons, ce n'est pas sérieux, toutes ces raisons qui n'en sont pas, le champ d'investigation, la compétence, le temps. Je ne dis pas qu'il n'y aurait pas d'hôpitaux à fermer mais en tous cas, pas sur la base de ce pseudo-rapport. Mise de côté également dans le choix des matières à évaluer, in « matériel et méthode », p 6, ligne 3 : « Seuls ont été pris en compte les actes classant du PMSI, laissant de côté certains petits actes comme les sutures simples de plaies superficielles, les biopsies de peau, les embrochages percutanés, etc ». Ainsi donc, l'évaluation ne portera que sur 100 actes choisis (ben voyons) J'ai comme l'impression que le sujet d'étude est faussé. Et aucune explication à cette mise à l'écart, sauf « ce n'est pas important ». Mais de quels actes parle t'on exactement dans ce « etc » ? Nous aimerions avoir la liste exacte.

Les exemples proposés dans ce rapport sont minutieusement choisis... P17, un exemple qui vaut son pesant d'or, le chirurgien qui veut travailler seul (oh le vilain) décès, complications, il faut vraiment qu'ils travaillent « en équipes opératoires qu'il faut rassembler dans les blocs modernes des hôpitaux qui ont investi dans des matériels adaptés ». Ils nous font vraiment passer les chirurgiens pour des inaptes. Je ne suis pas convaincue que ce cas soit représentatif, le bon chirurgien de toutes façons envoie ailleurs en fonction de la gravité du cas. Une erreur peut arriver mais comme c'est ici présenté, on en fait une généralité de mauvais aloi. D'ailleurs tous les exemples présentés dans ce rapport sont du même type (les méchants praticiens) et ce n'est pas ce qu'on demande. Voir également p 29 les deux contre-exemples. Le premier : après un accident de la route, un homme qui a une grave hémorragie est amené à l'hôpital le plus proche mais il est fermé à 20 h. On le transfère alors à un autre hôpital ouvert mais trop tard il décède. Quel exemple bidon ! Alors on en conclut que l'hôpital est en cause ? Les pompiers ne savaient pas que l'hôpital était fermé ? A t'il été conduit par des tiers ? Cela ne tient pas debout. Second exemple : encore un mauvais praticien seul qui opère des choses qui peuvent attendre... Vraiment, ils exagèrent.

Page 23, l'utilisation des routes et les transports héliportés serait la solution pour le transport des patients. Déjà, une question pour les routes : les transports sont assurés par qui ? Est-ce la personne à opérer qui s'y rend par ses propres moyens ou bien est-ce en ambulance ? Ou les pompiers ? Nous n'avons pas (bien sûr, suis-je tentée de dire) de réponse à cette question. Concernant l'hélicoptère, qui paye ? La sécurité sociale ? Ne devrait-on pas étudier le coût des transports en rapport avec l'activité hospitalière ? Donc l'avenir est aux transports. Voici, selon le rapport, la distance moyenne et le temps moyen pour rejoindre « l'hôpital de référence » : 35km en 30 mn. Mais ces moyennes ne reflètent pas les réalités, voir p 18, élégamment dit : « le plus souvent les hôpitaux sont à moins de 50 km » c'est à dire : il y a parfois une distance de plus de 50 km à faire, sans compter que la mesure s'effectue à partir du petit hôpital (je suppose) pas au départ de la prise en charge du malade... à savoir qu'un hôpital recrute habituellement dans les 30 km alentours (en moyenne). Voici donc le nœud de l'affaire : On ne parle pas seulement de chirurgie ou d'hôpitaux mais aussi de transports. Les pompiers vont être contents, ils vont avoir de la route à faire. Les accidentés aussi. Mais monsieur Vallancien a la solution : les hélicoptères. Se pose dans ce cas la question: ces hélicoptères sont où, exactement ? Faut-il les acheter ? Et embaucher ? Réponse p25 : il y a 62 appareils du samu et le complément sera assuré par l'armée : gendarmerie, protection civile, terre, air, marine (on soulève juste le problème : mais ils ne sont pas tous médicalisés...) et « une récapitulation est nécessaire ». Voilà.

Voici donc l'avenir pour l'hôpital public : concernant les urgences chirurgicales, p 28, dernier paragraphe : « les rapports entre urgentistes et chirurgiens devront être clarifiés quant à la délégation possible d'actes (contentions de fractures, sutures de plaies superficielles, etc (?) » c'est à dire, on suppose, les actes non répertoriés dans les 100 actes dits chirurgicaux du rapport. Les urgentistes, déjà en grève pour surcroît de travail, vont être ravis de l'apprendre. Question complémentaire : comment font les urgentistes pour les petites opérations, s'ils n'ont pas de bloc ? Reprennent-ils le bloc de chirurgie ? (puisque selon Vallancien, fermer un bloc ne signifie pas l'arrêt des urgences). Page 53, la suite du plan : nous apprenons qu'il faut recruter des praticiens étrangers hors union européenne pour pallier au manque d'effectifs ! Où ? Le rapport ne le précise pas. Ils feraient 4 ans comme internes puis 2 ans post-internat pour avoir le droit d'exercer sur le territoire. Page 54, au sujet des maires : il faut « informer les maires de la complexité des blocs et de leur responsabilité potentielle en cas de manque de sécurité, de qualité et de continuité des soins chirurgicaux ». Traduction : on fait peur aux maires afin qu'ils soient tentés de fermer les petits hôpitaux. (les maires font partie du conseil d'administration des hôpitaux et une proposition de loi est en cours afin qu'ils choisissent les médecins)

Selon Vallancien (p18) « les raisons d'économie » de ses détracteurs « sont fausses parce qu'il faut un investissement pour reconstruire les petits hôpitaux et embaucher du personnel ». Ce à quoi on peut rétorquer : et quelle enveloppe prévoir pour l'agrandissement au CHU. Chiffrer. Et les lits, sont-ils reportés ? Ce n'est pas précisé dans le rapport : « les 126000 opérations pourraient facilement être absorbées par les hôpitaux de référence » (p 14) De même pour les transports, chiffrer le coût. Coupe franche, ne peut-on s'empêcher de penser. A mon avis ce n'est pas une restructuration, c'est une attaque en règle de l'hôpital public. Je le redis : nous avons besoin d'un remaniement mais pas sur cette base. Dans ce rapport, tout est savamment emberlificoté. Proposez-nous de véritables données chiffrées.

Les propositions ne sont guère réjouissantes (éraflure à la droite en passant, joli salamalec) j'espère qu'il n'est pas question de les appliquer par contre... j'ai des idées. Mais -et je vais faire durer le suspense- voyez vous c'est un trop gros dossier, trop épineux, sensible ! et pour parodier Vallancien, cela n'entre pas pour l'instant dans le champ de nos investigations. Ce sera l'objet d'un autre rapport ... 2/08 En réalité actuellement je n'ai pas assez de matière... Mon dossier n'est pas assez lourd.

(* ce n'est pas dit expressément mais il semblerait que les maternités soient également visées, voir le titre p 45 « les nouvelles missions des hôpitaux dont la maternité et le bloc opératoire fermeront » mais c'est pour plus tard, dans un autre rapport.)

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17/09 Je pense que ceux qui sont le plus touchés sont les généralistes, ceux qui assument les gardes et effectuent les visites au domicile des patients. Or ce sont ceux dont nous aurons le plus besoin dans les années à venir si on veut préserver le tissu social et favoriser le maintien des personnes sur leur lieu de vie. Je vais vous citer l'exemple de ce généraliste qui désormais travaille à la sécurité sociale et fait comme tout le monde ses 35 heures. Il possédait un cabinet dans l'Est (à payer), sa femme comme souvent faisait office de secrétaire, il faisait des gardes de nuit, assurait les visites le matin (peu rentables), et le cabinet l'après midi. Pour tout cela, il touchait le même salaire qu'aujourd'hui... Il a raccroché, la mort dans l'âme. Trop de charges, trop de temps, trop de responsabilités.

21/09 Concernant les chirurgiens privés : suite à la grève, le gouvernement leur a accordé un remboursement sur leurs assurances qui ont fortement augmenté ces dernières années. Dans le secteur public, les assurances bien entendu c'est l'état. Et je ne vois pas bien pourquoi ce serait à l'état d'intervenir dans le privé. S'ils ont des problèmes avec leurs assurances, est-ce à l'état de payer la note? Donc le gouvernement a accordé cette aide. La seconde revendication porte sur les tarifs : le gouvernement a décidé de baisser de 3 points le remboursement par la sécurité sociale. Ils percevraient des tarifs 20% moindres que ceux du public. Cette demande me paraît bien plus justifiée que la précédente. Donc si j'ai bien compris, le gouvernement paie les assurances mais il diminue le remboursement des tarifs. Cela n'a ni queue ni tête. Il aurait mieux valu avoir les mêmes remboursements et ne pas prendre en charge les assurances... C'est exactement ce qu'il faut faire pour abattre le secteur : on monte le public contre le privé. Que les assurances soient remboursées est forcément mal vu par le secteur public, de même que les tarifs soient diminués par rapport au public ne plaît pas au secteur privé. Est-ce le but de les monter les uns contre les autres? A ce point là, on se demande... Au lieu de marcher la main dans la main, on s'arrange pour diviser. Quand les privés bien remontés se mettront d'accord pour tous augmenter leurs tarifs, nous aurons gagné. La médecine des pauvres, la médecine des riches... Et je ne donnerais pas cher du public à ce moment là, même avec une vocation bien ancrée. 

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que pensez-vous de l'interdiction de fumer dans les lieux publics ? (20/10/06)

Quelques pays ont mis en place une interdiction totale dont l'Ecosse, la Norvège, l'Italie. Il est question d'adopter le même système en France à compter de 2007. Il est vrai que la fumée de cigarettes peut être gênante, les personnes qui ne fument pas ne peuvent pas fréquenter ces lieux, les parents par exemple ne peuvent aller se rafraîchir sans être obligé de faire supporter la fumée aux enfants à moins d'une terrasse, car les répartitions fumeurs-non fumeurs sont le plus souvent illusoires. Actuellement, et c'est un tort, on peut dire que ces lieux s'adressent prioritairement aux fumeurs. Mais faut-il pour autant renverser complètement la loi et ne proposer que des établissements non-fumeurs ? Evidemment, ne pas fumer est meilleur pour la santé mais commercialement et socialement... d'autres données sont à prendre en ligne de compte.

En effet, il faut aussi examiner le fait que l'interdiction va léser les commerçants qui risquent d'être désertés par leur clientèle habituelle. Il y a des chances pour que les fumeurs, principaux clients, ne s'y rendent plus, en tous cas beaucoup moins. Et la clientèle familiale est une clientèle qui sort moins, et consomme moins. Nous risquons donc des fermetures, ou pour le moins des licenciements de personnel dans ce secteur. Et nous n'avons pas besoin dans la conjoncture actuelle de grossir encore les rangs du chômage. D'autre part, socialement, les cafés sont des lieux de rencontre, d'échanges sociaux, particulièrement en France. C'est le lieu des petites nouvelles, on y vient pour les potins, pour rencontrer des gens que sinon on ne fréquenterait pas. Au niveau social, après l'école on rencontre ses collègues de travail, quelques amis et c'est tout. Le café permet d'agrandir le cercle des connaissances. Et quand on est seul et retraité, comment fait-on pour voir du monde ? Une solution est d'aller au café. Le fait d'y interdire de fumer va favoriser le repli sur soi de certaines personnes. Concernant la jeunesse, que risque t'il de se passer, au moins pour une partie des gens ? Les jeunes vont trouver d'autres lieux, soit se réunir chez les uns ou les autres et ce sera pire que s'il y a un cafetier qui malgré tout exerce une certaine surveillance, soit ils vont rester dans la rue et s'acheter une boisson à l'épicerie, ou ils vont se réfugier dans les voitures. Le café a l'avantage de proposer un encadrement social. Certes, l'interdiction va être respectée mais il ne faut pas croire que les gens ne trouveront pas un autre moyen, et celui là sera plus caché.

Je pense qu'à choisir, il vaudrait mieux adopter la législation en vigueur en Espagne : le cafetier a le choix, il peut mettre son établissement en fumeur ou non fumeur, il lui suffit simplement d'apposer une pancarte « lieu fumeur » ou « lieu non fumeur ». Ainsi tout le monde peut fréquenter ces endroits, il suffit de choisir son établissement. Cela permet aux non fumeurs d'avoir des lieux qui leur correspondent et vice versa. Les restaurants espagnols sont non fumeurs, ils peuvent de plus aménager une salle fumeur dans la mesure où celle-ci sera strictement séparée et aura obligatoirement un système de ventilation. Il n'est pas bon de fumer mais faut-il pour autant reclure les fumeurs, les stigmatiser ? Les fumeurs, il faut les aider, pas les parquer. Une loi trop restrictive risque d'avoir des effets pervers, commençons par partager l'espace. On passe subitement d'un extrème à l'autre, à un lieu plus ou moins réservé aux fumeurs à un lieu strictement réservé aux non fumeurs. Il vaudrait mieux engager le processus lentement, que les commerçants comme les clients soient amenés progressivement au changement. Une mentalité ne se transforme pas du jour au lendemain. Qu'en est-il des résultats de cette politique chez nos voisins ? La consommation a baissé de 6% en Espagne, ce serait déjà une belle avancée dans la lutte contre le tabac. Je pense qu'il vaudrait mieux pour l'instant mettre l'accent sur les campagnes préventives, montrer les risques liés au tabagisme et les bienfaits que l'on peut retirer de l'arrêt de la cigarette, et travailler en lien avec les associations de lutte contre le tabagisme. Faire comprendre plutôt que vouloir imposer à toute force. L'exclusion systématique ne me semble pas être une bonne solution.
16/10 Aujourd'hui, Monsieur Coppé a décidé de réduire fortement la taxation des jeux pour cafés (babyfoots, flippers, etc). Voilà une bonne initiative, il faut le reconnaître. Qui à la fois relance le secteur des cafetiers, celui des jeux et favorise la mixité sociale. Mais il a fallu qu'un candidat mette l'accent sur les risques encourus...

 Que pensez-vous de la décision de Monsieur Villepin de rembourser certaines méthodes pour arrêter de fumer?
Monsieur Villepin a décidé que dorénavant l'état rembourserait les "médicaments" pour arrêter de fumer. L'information diffusée au journal télévisé : pour arrêter les 3 solutions seraient les patchs, les anti-dépresseurs et les gommes. Ah bon? Premièrement ce ne sont pas les seules possibilités, et ensuite -et surtout- on nous fait croire qu'on va arrêter de cette façon très simple, presque miraculeuse, il suffit d'avaler une gomme. Remettons les choses à leur place : toutes ces formules ne sont que du soutien, pas plus que du soutien. C'est essentiellement au niveau mental que cela se joue. Un médicament se définit comme suit : un produit qui, que tu le veuilles ou non, te soigne. Par exemple un antibiotique soigne, indépendamment du bon vouloir de la personne. Ce n'est absolument pas le cas des patchs ou gommes. Sans la volonté, on peut toujours ingurgiter mille gommes. Tout bon médecin vous le dira, le seul moyen, c'est la volonté! Fumer n'est pas une maladie mais une addiction et à ce titre se joue principalement mentalement. Au niveau psychologique, on sait pertinemment qu'il est nécessaire de payer car cela montre la volonté de s'en sortir, les résultats n'en seront que meilleurs. Celui qui veut des produits en plus doit les payer, psychologiquement c'est préférable. De toutes façons au niveau du budget, c'est plus avantageux que ce que les cigarettes coûteraient, il n'y a qu'à remplacer.
Tout cela ne sert qu'à faire tourner l'industrie para-pharmaceutique aux frais de la république. Ce n'est que du confort, ces médicaments qui n'en sont pas. Ce n'est pas de la médecine, c'est du business. C'est anormal de rembourser cela. Le seul moyen, celui qui marche réellement, c'est le désir, la volonté avant tout. Les journalistes qui relaient l'information devraient dire : il n'y a qu'un moyen, après vous pouvez faire ceci ou cela en plus. A vos frais car cela fortifie la volonté. C'est aussi parcequ'on développe une mentalité d'assistés que la sécurité social croule. Cela part peut être d'un bon sentiment mais, que ce soit dans les médias ou dans la politique menée par Monsieur Villepin, la solution proposée n'est pas la bonne, pour le coût engendré mais aussi pour cette mentalité du "médicament" tout puissant qui résout tous les problèmes. En l'occurrence, dans le cas qui nous intéresse, c'est faux.

D'un côté, le gouvernement n'arrête pas de dire que la sécurité sociale est en grave déficit, de l'autre, on rembourse inutilement. 100 millions d'euros! qui vont partir en fumée, la sécurité sociale avait bien besoin de cela (sans compter le coût des consultations). Mais Monsieur Villepin, une question : 145 médicaments dans le même temps sont passés en non remboursables. Pour pouvoir être retirés, ils ont auparavant subi le test du SMR, c'est à dire le test du service médical rendu. Alors qu'en est-il de ces gommes et autres patchs? je vais vous le dire : ils ne passent pas le test. Ces produits étaient hors circuit, je ne vois pas pourquoi subitement ils y entreraient. Ce n'est pas sérieux, chacun fait sa propre loi au gouvernement. L'un dit blanc, l'autre noir. Il faut savoir. Donc nous avons vu dans cet article qu'il y avait un comportement bizarre, peu compréhensible envers un certain type de soit-disant médicaments qui eux, échappent aux règles. Nous avons donc critiqué l'attitude étrange de monsieur Villepin. Mais ce n'est pas fini, il nous faut aller plus loin dans la réflexion et ne pas rester à ce stade. Nous verrons qu'à travers cette anecdote, nous allons pouvoir aborder des sujets sensibles.

2. De l'utilisation de mécanismes inconscients pour vendre (entre autres) des produits substitutifs à la cigarette, des conséquences que cela peut avoir sur la société, rôle de la politique

Donc je répète concernant ces formules pour arrêter de fumer : chimiquement, il s'agit de diffuser de la nicotine dans le sang pour empêcher la sensation de manque. Voilà le principe, et cela correspond à une ancienne méthode qui a été mise à l'écart par le milieu médical car les résultats étaient bien moins probants que la technique de l'arrêt immédiat : la technique de la diminution progressive (la seule différence étant que vous n'avez pas la cigarette mais chimiquement c'est très proche). Voilà les faits. Ces produits correspondent peu ou prou à la copie d'une ancienne technique aux résultats moindres. Graduellement dans le bon sens, nous avons donc à disposition les techniques suivantes :

  1. L'arrêt immédiat, qui obtient les meilleurs résultats, gratuit
  2. La diminution, résultats moindres, gratuit 
  3. Les patchs, gommes...résultats moindres, payant

Nous sommes dans le cas de la méthode qui a un bénéfice moindre dans son ensemble. On est donc en train d'essayer de nous vendre une vieille technique qui, pour nous, consommateurs-patients, est la moins rentable globalement. Comment réussir ce tour de force ? En fait, on va nous présenter les choses à l'envers que ce soit médiatiquement ou politiquement. Le but de l'opération est de rendre ces produits irremplaçables, il ne faut pas se leurrer. Plaçons nous du côté des publicitaires : Comment fait-on pour convaincre l'opinion (la cible en terme publicitaire) que ce produit serait « valable » ? (au point qu'aujourd'hui l'opinion se scinde, le processus est en marche en ce moment, cet exemple est donc particulièrement intéressant)

1er volet : la campagne publicitaire et les mécanismes inconscients.

Cela repose tout d'abord sur un consensus, une idée unanimement partagée : il faut aider les fumeurs. Qui oserait dire non à cette proposition ? Voici déjà la première marche, tout le monde est d'accord sur ce point. Ceux qui ne sont pas d'accord finissent par passer pour de « mauvaises gens » qui ne veulent pas aider les autres. Second point sur lequel vont s'appuyer les firmes pour mettre au point leur campagne de lancement : cela repose sur un autre mécanisme inconscient que nous partageons tous : l'homme a tendance à prendre le chemin le plus facile pour arriver à ses fins. C'est ce qui a fait que l'homme est devenu ce qu'il est, sa propension à rechercher un moyen le plus facile possible (ex : passage de l'âge de pierre à l'âge de fer). L'homme intrinsèquement recherche toujours à améliorer la façon pour parvenir au but. C'est un processus implicite de l'esprit (donc difficile à endiguer). A partir de là, comment fait-on ? on utilisera l'idée communément répandue : il faut aider, idée qu'il est très difficile de réfuter, et on propose juste à point un moyen soit disant plus facile pour arrêter, qui va donc séduire car il correspond à une recherche intrinsèque. Le fumeur forcément sera séduit par un moyen qui semble plus facile. C'est humain. Et les non fumeurs de vouloir les aider. Sur ces bases, une campagne publicitaire est lancée pour se faire connaître, la méthode est présentée comme unique, le nouveau et « bon » moyen d'arrêter. Le premier volet est atteint : la méthode est inscrite dans les esprits, si vous posez la question à un quidam, il vous citera l'existence de cette méthode (il existe aussi des patchs...). Aujourd'hui chacun sait qu'il existe ce type de produit.

2ème volet l'obtention de la caution (volet politique)

Nous en sommes là. Politiquement, même chose. On s'appuie toujours sur les deux idées que j'ai émises au départ pour pouvoir remporter l'adhésion. Ça se fait aussi au détour d'une conversation, monsieur le ministre, vous ne pensez pas que ce serait bien d' « aider » les fumeurs (premier pas dans l'engrenage) oh oui monsieur le ministre, que vous êtes joli, que vous fîtes bien, vous seul etc ou « je suis sûr que vous comprendrez qu'on ne peut laisser cela continuer » enfin utilisation d'un procédé dans le genre ! ou on convainct l'entourage qui peu à peu convaincra à son tour. Et il y a la campagne générale qui pousse dans ce sens. Où en est-on actuellement de l'offensive ? Donc là c'est gagné au niveau de l'opinion, on a réussi à obtenir une scission prélude du modification de comportement, et ceux qui refusent passent pour des moralistes, des « anti progrès » et c'est gagné au niveau politique (et financier). Ces succédanés sont désormais remboursés et on a obtenu la fameuse caution médicale grâce au remboursement par la sécurité sociale. Les gens vont traduire : il s'agit d'un médicament puisqu'il est remboursé. Eh oui c'est extrêmement important cela, pour les publicitaires, la caution c'est comme obtenir un AOC sauf que là ce n'est pas du poulet de Bresse...C'est la con-sé-cra-tion ! qu'on leur a offert, la reconnaissance de l'utilité publique implicite. C'est le plus haut palier qu'ils puissent espérer, le rêve parfait des publicitaires... C'est hyper retors cette histoire, ce qu'il arrivent à nous faire faire quand même, nous faire acheter le pire produit au lieu du meilleur gratuit (et monsieur villepin bien sûr qui s'est dit ça fera bien d'aider, et on l'a même pas payé pour tout ce qu'il va rapporter, il l'a fait de lui même, joli, non ? Des enfumeurs top niveau! Beau retournement de situation. Les médias eurent également un rôle dans la diffusion de ces idées.

3ème volet : Le milieu médical

Anticipons, suite du bon déroulement des choses, selon les firmes : il ne reste plus qu'à fournir des statistiques et à développer le business. Comment va t'on faire pour convaincre les médecins qui seront les plus réticents. C'est déjà commencé : rôle des visiteurs médicaux à qui on dit : n'oubliez pas de parler de ça, appuyé par une campagne interne particulièrement développée : posters à mettre dans le cabinet, foisonnement de dépliants publicitaires ( « d'informations médicales », du publi reportage en somme) et bien sûr, argument de l'aide. On finit par se dire : si ça peut les aider...Je n'y crois pas trop mais on peut toujours essayer. Puis le classement en « médicament » vient apporter une caution faussement médicale, les médecins sont placés en situation de porte à faux, on va pratiquement les obliger à prescrire. Par une demande incessante formulée par les patients. S'il faut qu'à chaque patient le médecin explique que oui, c'est remboursé mais que la sécurité sociale a tort ... Ensuite les firmes feront des statistiques et hop l'affaire est dans le sac. Au fur et à mesure, à cause d'un relais outrancier dans l'opinion et par la caution, les gens sont peu à peu convaincus que c'est le seul moyen, ils s'auto-persuadent, peu à peu dans les statistiques on finit par obtenir des bons résultats en comptabilisant ceux qui disent j'ai arrêté « grâce à ça »* (*La statistique, bien entendu, posera la question de la façon suivante : avez vous arrêté grâce à ça, oui ou non. Et pas la question à combien évaluez vous la part de volonté ? car la volonté, ce n'est pas quantifiable, n'est ce pas, nous la sortirons donc du champ de nos investigations... méthode vallancien. Comme dans les sondages, ce qui compte c'est la formulation de la question et le choix dans les réponses proposées, bien avant les résultats). Ensuite on pourra afficher : vous voyez, ça marche ! La personne ne se rend pas compte que ce n'est pas ça qui a foncièrement marché (ce qui est très mauvais pour le travail de l'esprit, ce genre de choses ne nous fortifie pas, bien au contraire) il faut se méfier, ils finiraient par nous faire croire à leurs calembredaines! On exploite la soit disant facilité, ce n'est pas un service à nous rendre. Donc actuellement les médecins sont très sceptiques mais peu à peu, par la caution puis au vu des résultats, ils seront bien forcés de s'incliner, c'est ce qui est espéré. Voilà le nouveau type d'offensive des firmes, le nouveau moyen de vendre qui ne passe pas que par la publicité... Où va t'on ? Je ne suis pas contre le commerce mais là il ne faut pas pousser. Ce sont des professionnels de la manipulation. Le but est de nous assujettir. Vendre à n'importe quel prix, et peu importent les conséquences.

Ces « méthodes » de plus ont un avantage certain pour l'industrie : c'est fort intéressant car les rechutes sont nombreuses donc on va vendre et revendre. Le dernier prototype sorti, encore plus retors : le couplé avec l'anti dépresseur. Un anti dépresseur est un produit qui se prend obligatoirement pendant plusieurs mois au minimum. Alors ? quel est le but ? de vous « addicter » à autre chose... Plus vous prendrez ce produit de substitution, mieux ce sera pour eux. Le but c'est de le rendre indispensable au fumeur. Le comportement que l'on veut obtenir d'ici quelques années ? Tu fumes, mon enfant ? Allons ensemble acheter des patchs, voilà ce qu'on veut nous faire rentrer dans la tête, le « bon » comportement à avoir face à ce fléau : direct achat ! Il faut prendre en connaissance de cause. Voilà les faits, cela correspond peu ou prou à l'ancienne méthode, après...à vous de voir. Le but de mon propos n'est pas de dénigrer mais essentiellement de vous faire prendre conscience des techniques de manipulation employées pour obtenir un renversement de l'opinion à des fins de vente. Pour les fumeurs la solution, je l'ai déjà dit, réside plutôt dans les associations, le soutien psychologique, le suivi. Féliciter le fumeur qui réduit ou arrête par la seule force de sa volonté ou qui s'est aidé par un autre moyen éventuellement, encourager, remarquer les efforts, poursuivre...applaudir mais pas prend un cachet, ça ira mieux. Miroir aux alouettes...

Nous sommes donc partis d'un exemple et avons abouti au repérage de techniques de vente assez sournoises. Maintenant je vous propose de repérer d'autres exemples... Je vous en donne un en cours : sur le thème de la beauté on est en train d'essayer de manœuvrer pour que les hommes s'y mettent (mesdames, mesdemoiselles, vous préfèreriez sûrement que votre homme...messieurs, vous voulez séduire) Même procédé : on prend une bonne intention, une base reconnue : il faut faire attention à soi, puis on pousse le bouchon, plus loin, plus loin et voilà dans quelques années, l'homme sera nécessairement é-pi-lé ! (au sens propre comme au sens figuré). Ce serait amusant si ailleurs cela n'avait pas un impact parfois terrifiant. Veuillez réfléchir au problème de la violence, du sexe outrancier etc (le prétexte : la liberté sexuelle, mais quelle liberté ? ce n'est pas de la liberté cela c'est de l'esclavage) entre liberté et relâchement des mœurs, il y a une marge. Dans quelle mesure ces comportements sont-ils favorisés... Vers quelle société nous dirigeons nous.

La politique est fortement impliquée dans le processus, comme vous avez pu le constater.

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Pour les médecins et autres personnels soignants, je pense que le mieux serait d'avoir un ministre issu de la fonction, qui a exercé à la fois dans le public et le privé. Parcequ'ils n'ont pas été gâtés, avec les deux précédents. 

Monsieur Xavier Bertrand, vraiment, n'est pas une lumière et c'est bien pour cela que monsieur Sarkozy le prendrait dans son gouvernement, il est sûr ainsi qu'il ne sera pas contrarié. Quand au précédent, monsieur Douste Blazy, après le ministère de la santé, il est actuellement ministre des affaires étrangères (c'est formidable, cette interchangeabilité des postes). Je lui garde rancune depuis qu'il est parti du Maroc en ne payant pas sa note d'hôtel de la mamounia. Le roi n'a rien dit et, d'un geste large, a payé ses dettes. Quelle incorrection! Nous sommes fatigués de voir de tels agissements.

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3/02 

sur les questions de l'avancée en âge et du vieillissement de notre société :

Concernant la politique du vieillissement, qu'il faut relier à la politique de santé et du handicap, un changement radical de mentalité est nécessaire. La vieillesse ne doit pas être considérée uniquement dans son aspect négatif, et les anciens ne sont-ils pas les gardiens de notre mémoire? Leur expérience devrait plus souvent être mise à profit.

Je ne l'ai pas encore énoncé dans mon programme, mais la première décision que je prendrai serait une revalorisation immédiate des revenus minimum vieillesse (et invalidité), il faut absolument augmenter ces aides. Ce n'est pas décent de laisse vivre les anciens avec si peu.

Au niveau santé, je pense qu'il faut absolument développer l'hospitalisation à domicile, de même qu'il faut favoriser généralement le maintien à domicile des personnes agées ou l'intégration dans des familles d'accueil. Et si elles ne peuvent plus rester chez elles (cas douloureux par exemple de l'Alzheimer)? Nos structures actuelles ne sont pas suffisantes, c'est un fait. Il faudra construire.

Pour l'établissement de nouveaux centres de prise en charge des retraités, il faudrait emprunter à la Belgique qui a un système beaucoup plus relié à la vie communale: la maison d'accueil est souvent en lien avec la crêche ou des structures associatives et des rencontres sont ponctuellement organisées entre les générations (repas, ateliers)

Je pense que l'état va devoir consacrer une plus grande partie de son budget à la politique du vieillissement dans le futur. Un pôle perdant, certes, mais indispensable. Les économies ou gains sont à réaliser ailleurs (pas forcément dans une nouvelle taxation mais plutôt une autre gestion).

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