Anna Politkoskaia a été assassinée. Elle devait sortir un livre intitulé "La Russie selon Poutine" qui critiquait le pouvoir et la guerre en Tchétchénie. Il est sous-entendu dans les journaux que le Kremlin aurait commandité le meurtre. Dès qu'il y a une affaire, il n'y a pas à chercher, c'est Vladimir Poutine. C'est lui, voilà qui nous rassure, nous avons trouvé le coupable. Pourtant il se peut que ce ne soit pas ce que nous croyons, que la journaliste ait mis à jour une affaire liée à la guerre mettant en cause quelqu'un d'autre qui n'aurait pas eu intérêt à ce que cela se sache, un criminel de guerre ou un trafiquant en tchétchénie, allez savoir. Anna s'occupait de nombreux dossiers sensibles. Nous tirons des conclusions mais ? Monsieur Poutine a dit qu'elle faisait plus de mal au Kremlin morte que vivante. Il est vrai qu'il la détestait, elle dérangeait mais elle était déjà interdite de télévision, pourquoi aurait-il attendu que son livre soit rédigé? C'est possible mais on ne sait pas (et voilà comment je vais me faire traiter de pro-communiste, en disant simplement que nous avons un devoir de réserve, que nous n'avons pas de preuves tangibles).
Ce que nous reprochons surtout à Monsieur Poutine, vu de l'occident, c'est la guerre en Tchétchénie. Nous nous sommes placés du côté tchétchène, un petit territoire qui lutte avec de faibles moyens contre l'ours russe, le grand méchant. Je ne dis pas qu'il n'y a pas eu d'exactions, comprenons nous bien. Il y a des exactions dans toutes les guerres. Je dis que le jugement est peut être hâtif. Passons si vous le voulez bien de l'autre côté du rideau de fer. Que s'est-il passé en Russie ces dernières années? Le pays s'est vu démantibulé, il a perdu d'immenses territoires dont la grande Ukraine, alors que les frontières allaient bien au-delà. En 10 ans le pays a subi le coup de la peau de chagrin. A sa place, seriez-vous contents? Rappelez vous de l'Alsace-Lorraine, comme nous étions furieux... Il y a quand même de quoi être en colère quand c'est à son propre pays que cela arrive. Il reste maintenant la Tchétchénie. Poutine ne lâchera jamais la Tchétchénie, et c'est sûrement ce que vous feriez si vous étiez à sa place. Pourquoi ? Examinons la situation. C'est le seul accès qu'ils possèdent pour desservir le haut, vers la mer du Nord. Au dessus, plus au nord, c'est glacé en hiver, il est impossible de circuler. Passer en dessous, par la Méditerranée? Ce n'est pas impossible mais si difficile (perte de territoires). Il faut passer par la mer rouge, puis par un goulet d'étranglement, longer la Turquie puis remonter toute la Méditerranée... Aléatoire, vous diriez-vous à sa place. Et de l'autre côté, par le Pacifique et la mer du Japon, il y a les américains, ses amis préférés, et puis c'est loin pour aller en Europe. Donc sa position est compréhensible (je ne dis que cela). En quelque sorte, c'est comme demander à la Palestine de renoncer à la bande de gaza et ne plus avoir accès à la mer. Impossible. Je crois que Monsieur Poutine n'a pas vraiment le choix, qu'il préfèrerait cesser, que cette guerre lui coûte cher en hommes et l'ennuie plus qu'on ne le croit mais que vu l'enjeu stratégique il ne peut pas laisser tomber. A qui ça servirait? A ceux qui veulent l'affaiblir. (nous sommes des gogos parfois avec nos bons sentiments, si c'était à nous que ça arrivait, nous réagirions peut être autrement). Anna proposait l'autre interprétation, elle se plaçait du côté des victimes de cette terrible guerre. Paix à son âme. Je ne fais que donner ici une explication, je ne prends pas parti. Loin de moi la volonté de défendre le pouvoir russe.
Liban (20/07/06)
Je me rends compte que dans l’actualité je n’ai pas pris la parole au sujet du Liban. Je pense que cette guerre ne pouvait pas se poursuivre car plus les forces israéliennes avançaient, plus elles se rapprochaient dangereusement de leurs ennemis. L’Iran et la Syrie ne l’auraient pas laissé faire indéfiniment. Il fallait s’arrêter là.
22/08 Il nous est reproché de ne pas envoyer suffisamment de forces armées et l’Italie est pressentie comme organisatrice des forces de la Finul, non plus la France. Comme il a été dit au journal télévisé, en tous cas, nous avons des hommes sur place, nous. Et finalement je ne pense pas que ce soit important que nous ayons le commandement, ou le nombre envoyé (bien sûr, il faut qu’il y en ait un certain nombre). Je pense que ce qui importe c’est qu’en ce moment ce soit l’armée libanaise qui descende elle-même vers le Sud. C’est son pays avant tout. Tout doucement ils avancent, tout doucement ils se retirent. En espérant que cela continue sans heurts. Nous sommes là en partie, nous attendons les renforts des autres pays. J’apprends à l’instant que l’Italie va envoyer ses troupes et fait appel aux autres états. Elle prendrait le commandement des forces d’intervention.
23/08 Israel envoie un émissaire, il faudrait désarmer le hezbollah. Alors je propose qu’on aille frapper gentiment à toutes les portes, êtes vous du hezbollah, veuillez nous donner vos armes. Ils veulent un désarmement que nous ne pouvons leur donner. Rappelons qu’il s’agit avant tout d’une force d’interposition : nous raccompagnons jusqu’à la frontière, chacun chez soi, nous restons le temps nécessaire. Il ne faudrait pas profiter de notre présence non plus, nous ne sommes pas là pour défendre l’un ou l’autre. Le mieux serait que ça se calme tout seul. Si Israel refrappe gaza cela risque de repartir. Nous revenons au point de départ.
24/08 Intervention du chef de l’état : nous enverrions cette fois 2000 hommes à terme et la France propose de prendre la direction des opérations.