Enseignement
Que pensez-vous de la carte scolaire?
Je pense qu'il est possible de laisser le choix aux personnes d'incrire leur enfant hors du secteur délimité par la carte scolaire ( c'est la position que madame Royal a adopté). Trois solutions sont envisageables pour l'attribution des places dans les écoles situées hors du périmètre : par tirage au sort, par ordre d'inscription ou sur dossier. Si des parents réclament cette extension, il est possible de leur accorder. Leur argument : certains contournent déjà la loi par exemple en louant un appartement à proximité de l'école. Ce fait qu'ils dénoncent existe, cependant on passe d'un phénomène marginal jusqu'alors à une loi où tout le monde est concerné. Disons que cette décision risque d'avoir des répercussions, elle pourrait entraîner un phénomène de regroupement des établissements scolaires, certaines écoles mal cotées étant désertées tandis que d'autres très demandées ouvriraient des classes. Je mets un bémol, donc.
Université
Mettre une barrière à l'entrée en université est gènant car c'est l'unique cursus où tout un chacun peut tenter sa chance. La sélection se fait ici à postériori. Cependant, sont actuellement acceptés en faculté les personnes venant de bacs professionnels alors que leur taux d'échec en première année avoisine les 99%. Ce n'est pas raisonnable de laisser ces personnes concourir. Je propose de ne pas leur interdire totalement l'entrée en université mais de faire une année intermédiaire de remise à niveau, si vraiment ils désirent intéger cette formation..
Pour alléger l'université, il faut continuer à créer des IUP et des IUT
Justice, police
que pensez vous des déclarations de monsieur Sarkozy concernant la justice?
Je pense qu’il y a un réel problème de société et que la solution ne réside pas uniquement dans l’incarcération. Notre société est confrontée à un phénomène inhabituel. Nous avons eu les émeutes en octobre 2005, puis les manifestations anti-CPE en avril 2006 qui n’ont pas viré au drame grâce aux syndicats (et pas seulement comme il a été dit à cause de la police, les syndicats ont senti le danger et ont en parallèle renforcé leur encadrement), récemment il y a eu un matraquage de CRS aux Tarterêts (et 7 caillassages durant l’été) et cette semaine les problèmes en banlieue se poursuivent, aux mureaux (Yvelines) des échauffourées ont eu lieu, 100 personnes sont concernées. A qui le tour ? Tout n’est pas rose au royaume de France. Je ne dis pas que les délinquants ne sont pas condamnables, je cherche le pourquoi de ces gestes réitérés. Ce ne sont pas seulement les conséquences du problème qu’il nous faut examiner, mais aussi les causes.
Ce qu’il faut c’est alléger le taux de délinquance, donc travailler à la source, enrayer la délinquance avant qu’elle ne se produise (non tous ne sont pas de la graine de voyous, ce serait trop facile). Il n’y a plus d’espoir en l’avenir, plus de confiance. Pas de travail, pas d’argent… Celui qui travaille ne fait pas d’actes délictueux, en tous cas beaucoup plus rarement, c’est évident. Ceux qui vont à l’école ? Ils se disent : pour combien de temps ? Et après, le chômage? Il y a un fort ressentiment social auquel s’ajoute l’effet d’entraînement du groupe. Le problème majeur, tout bien réfléchi, il n’y en a qu’un : l’emploi. Mais au lieu de reconnaître ce fait, il est plus facile de jeter la pierre à la justice. Je n’ai pas apprécié les attaques de monsieur Sarkozy car la justice n’a fait qu’effectuer son travail : la plupart des délinquants lors des émeutes n’ayant jamais eu maille à partir avec la justice, ils ne peuvent être condamnés, la loi est ainsi faite. Que la loi doive éventuellement subir des modifications est un autre problème, indépendant des magistrats qui l’appliquent.
Au lieu de calmer le jeu monsieur Sarkozy va dans la surenchère, il a recours à des actions policières retentissantes. A moins d’avoir le don d’ubiquité, je doute fort qu’on arrive à les calmer ainsi. Sitôt fini d’un côté… Ce type d’actions ne sert qu’à faire haïr la police tant et plus, et à creuser le fossé. Il y a une désespérance ambiante, de plus les gens croient de moins en moins au changement de madame Royal et ils n’ont plus guère que ce moyen radical pour s’exprimer. A continuer dans l’escalade, cela risque de tourner à la guérilla urbaine. Nous sommes face à un phénomène dont l’ampleur nous dépasse et la réponse à apporter ne peut être uniquement répressive. Et puis les émeutes, au fond, ne se font pas sans un accord tacite des gens, il ne faut pas croire. Discutez avec eux, ils vous diront : je ne suis pas d’accord pour la casse mais il faut bien reconnaître, je les comprends un peu, les jeunes… Une bonne partie de la population est en détresse, mais le gouvernement refuse de le voir. Le problème ne pourra être résolu sans passer aussi par le dialogue.
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Les prisons sont surchargées, la réponse de monsieur Sarkozy est : il faut construire de nouvelles prisons. Mais cela a un coût pour la collectivité. De même, il manque du personnel pénitencier et il réplique : il faut engager du personnel. Monsieur Sarkozy dit qu'il veut restreindre la fonction publique mais tout dépend de quel personnel de la fonction publique il s'agit. Et puis tout cela pour l'instant n'est que paroles... ce n'est pas ainsi que l'on va résoudre les problèmes, en enfermant tout le monde. Il vaudrait mieux leur donner du travail. Le véritable probléme est la pauvreté, si ces gens avaient du travail, ils ne traineraient pas les rues et une bonne partie de la délinquance serait enrayée. Il ne resterait plus à la police qu'à s'occuper des 20% restants.
Monsieur Sarkozy a réussi l'exploit de se mettre à dos les deux principaux syndicats de police, qui finissent par craindre pour les leurs à cause de cette politique répressive. Au lieu de nous faire des brigades de choc, il vaudrait mieux repenser à une politique de proximité et travailler en amont.