- Positionnement de l'agriculture
- Avenir du secteur
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Le bio-éthanol
Avez-vous
vu à la télévision Monsieur Breton nous vanter les mérites du
bio-éthanol? Grande décision, il a décidé d'imposer ce bio-carburant :
selon ses dires, 500 pompes seront équipées dans un premier temps puis
toutes les stations à terme (1% actuellement). Cela va créer des usines
donc de l'emploi, et le gouvernement va favoriser les plantations de
betteraves qui servent à créer le produit. Il a réfléchi à tout. Seront
contents les betteraviers qui ont parfois du mal à écouler leurs
denrées et les futurs employés. Il prend certainement exemple sur le
Brésil, qui fabrique du bio-carburant à partir de la canne à sucre mais
le Brésil est un pays immense et peu cultivé. le bio-carburant y coûte
deux fois moins cher que l'essence et le système flex à double
carburant y est très répandu et bon marché. Mais tout ceci n'est pas
directement adaptable chez nous. le bio-éthanol est efficace mais la
production, en France, ce n'est même pas pensable à grande échelle.
Il
y a actuellement un problème de cherté du produit (deux fois le prix de
l'essence) que le gouvernement résoudra en instaurant une taxe moindre.
Selon le gouvernement, le bio-carburant coûterait 80 centimes d'euros
au litre grâce à une TIPP réduite mais d'autre part, les véhicules
roulant au bio-éthanol consomment davantage, la consommation grimpe de
30% sur une même distance. Son prix se rapproche finalement de celui de
l'essence. Donc pour le consommateur cela ne change guère, hormis la
satisfaction de "rouler propre". Quant à l'état, il y perd (il y gagne
moins par rapport au pétrole) mais le but écologique vaut bien un
sacrifice. Cependant il subsiste un problème insoluble, celui des
terrains. Il faudrait mobiliser une immense surface de terres
cultivables compte tenu de l'étendue du territoire. On estime que pour
alimenter l'ensemble du parc automobile français il faudrait disposer
du double des surfaces cultivables disponibles aujourd'hui. Je ne crois
pas me tromper en disant que la culture betteravière représente
actuellement 10% des terres, ce qui correspondrait à une production de
5% de bio-éthanol produit. Cette solution ne peut donc être que très partielle.
Non seulement elle est partielle mais il y a en plus de grandes chances qu'elle soit limitée dans le temps.
En effet, il y a fort à parier que dans les années prochaines l'achat à
l'extérieur devienne plus intéressant que la production de matière
première sur place, avec l'émergence d'autres pays producteurs à des
coûts plus compétitifs. Le coût élevé de production sur le territoire
et l'étendue du terrain à cultiver rendent donc cette option
pratiquement impossible en France, par contre pour d'autres pays ce
peut être une source de revenus non négligeable. La production de
betteraves à cette fin ne durera pas, ce ne peut être qu'un moyen
ponctuel de maintenir la filière. il ne faut l'envisager qu'à court
terme, au démarrage de l'activité. D'ores et déjà il faut penser à la
reconversion. Nous n'avons pas avantage à développer ce circuit. De
plus, plus on développera, moins l'état y gagnera, et l'aspect
financier doit aussi entrer en ligne de compte. La justification de
Monsieur Breton sur la relance de l'agriculture est donc à mettre de
côté mais qu'il installe les pompes au bio-éthanol, elles pourront
servir mais certainement pas de la façon dont il le prévoit.
Il faut donc relativiser,
il n'y aura pas de miracle grâce au bio-éthanol. Dans l'idéal, il
faudrait dès maintenant définir un périmètre de cultures consacrées à
la production de bio-carburant, que les agriculteurs prestataires
soient amenés à faire des demandes, à déclarer un nombre d'hectares
pour éviter de développer intensément cette culture. Mieux vaut être
raisonnable et limiter l'exploitation des sols. Raconter aux
agriculteurs que le bio-éthanol va les sauver, c'est les berner,
profiter du fait qu'ils sont actuellement en difficulté. Ce n'est pas
ce qu'il faut faire pour eux, ce procédé ne peut être que ponctuel.
Monsieur Breton fait mine de s'occuper de leurs problèmes mais à
terme... Il donne une façon erronée de présenter les choses, qui se
retrouve également dans l'allocution de Monsieur Chirac faite le 5
octobre devant la FNSEA. Non, le bio-éthanol ne sauvera pas
l'agriculture. Si nous développons ce système, le pendant est que nous
allons restreindre la culture alimentaire. Or, tous les grands
économistes s'accordent à dire qu'après l'énergie le prochain défi
auquel nous aurons à faire face sera celui de l'alimentaire. Nos
dirigeants ont parfois la vue courte.
Monsieur
Breton a donc axé son discours sur l'agriculture et accessoirement sur
l'emploi que va fournir la production de bio-carburant. Les raisons
invoquées ne cacheraient-elles pas autre chose? Pourquoi ne pas
insister sur les employés? C'est là que me vient un énorme soupçon, que
ne nous dit-on pas? De l'emploi sera créé, certes mais surtout des
usines de transformation. Et qui donc va construire ces usines?
Motus du gouvernement. Or ces usines sont extrèmement intéressantes
puisqu'elles sont d'avance assurées de la vente de l'intégralité de
leur stock à l'état. Pas de problème d'écoulement! Alors, serait-ce des
usines publiques? semi-publiques? Privées? Pas de réponse pourtant le
gouvernement doit bien en avoir une idée. De gros contrats se
préparent... (juste avant les élections, qu'on ne puisse y remédier). A
part cela, Monsieur Chirac parle de "l'indépendance énergétique" de la
France. De quelle indépendance parle t'on? Donc la question qui se
pose, ce sont ces fameuses usines.
Le
bio-éthanol, c'est un excellent moyen substitutif du pétrole mais il
faut savoir exactement à quoi s'attendre. Je ne dis pas que ce n'est
pas une solution, je dis qu'une vigne, c'est 80 années, un verger 50 et
qu'il faut réfléchir avant de se convertir.
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Agriculture et OGM
Nous
avons déjà parlé du bio-éthanol, abordons aujourd'hui la question des
OGM. Chacun sait qu'il y a eu des actions de destruction de parcelles
de la part des anti-OGM, qui furent suivies de procès dont certains
sont en cours. Nous n'avons pas encore eu les réactions de nos 2
candidats concernant ce difficile problème des OGM. Il va pourtant
falloir se préciser sur la question : qu'allons nous choisir ?
Actuellement il n'y a pas réellement de législation, il y a un vide
juridique sur lequel il faudra statuer. Ici il va falloir décider
fermement, je préfèrerai dire : autorisons tous les types de culture
mais dans ce casprécis il faut répondre
strictement, oui ou non, et pas le vague flou sévissant aujourd'hui sur
la question. Nous allons voir qu'au vu des conséquences possibles, il
vaut peut être mieux ne pas prendre de risques.
Le
problème qui se pose principalement avec ces plantations est
leur
dissémination. La contamination aux champs alentours se fait
très
rapidement. Très vite l'agriculteur voisin verra ses champs
permuter en
ogm. C'est ennuyeux si vous désirez faire de la culture
autrement et
surtout le marché des ogm est dominé par trois
énormes entreprises (qui
possèdent plus de 90% du marché). Et ces entreprises sont
vindicatives,
j'en veux pour preuve ce qui est arrivé récemment au
Canada. Un
agriculteur a porté plainte contre la firme car son champ avait
été
contaminé. Non seulement il a été
débouté mais il a été condamné
à
payer car ses semences étant désormais ogm, il lui
fallait en acquitter
le prix. Voici un cas qui pourrait faire jurisprudence... En France
nous n'en sommes pas encore là (pour l'instant, par la
procédure, on
essaie juste de faire taire les opposants) mais plus tard...La
dérive
possible est que nous soyons pris en otage par ces organisations.
D'autre
part, il y a trois autres arguments à opposer. Tout d'abord, il vaut
mieux appliquer le principe de précaution pour les ogm car nous n'avons
pas assez de recul sur la consommation. Nous ne connaissons pas les
risques, l'impact sur la santé à long terme (ces produits n'existent
pas depuis assez longtemps pour qu'une étude stable puisse être
réalisée). Et puis, pour l'instant ces plans ne développent pas de
maladies mais qui dit qu'un jour il n'y aura pas une maladie de type
épidémique comme le mildiou qui raserait les cultures. cela nous
affamerait tout un secteur, admettons que tout le blé jusqu'au caucase
soit malade. Ensuite pour le principe de biodiversité. On a déjà vu
cela par exemple dans les bananeraies (clônage) où ne sont plus cultivés que 2-3
grands types rentables. A force on s'achemine vers une monoculture,
aggravée par la colonisation aux champs proches des ogm. Sont constatés
l'appauvrissement du fonds génétique et une disparition des autres
espèces.
A cause de la colonisation induite par
ces semences, les OGM ne peuvent pas être autorisés. Certains
industriels vont crier au non respect du libre marché, bien évidemment
mais en fonction de toutes les dérives possibles ce produit ne nous
paraît pas assez satisfaisant pour être mis sur le marché. Et nous n'y
avons aucun intérêt, nous français. Cela favorise la monoculture au
sein d'une espèce et nous ne sommes pas seulement des monocultivateurs
d'ogm. D'ailleurs les agriculteurs qui optent pour cette solution n'en
ont le plus souvent pas d'autre. On vient les démarcher à domicile et
certains, souvent acculés par les dettes, signent (ces entreprises ont
une politique agressive). Ceci dit le problème a une dimension
internationale, il faut essayer de se prémunir généralement d'une main
mise sur l'agriculture. Il va falloir préciser notre position. Je
crois qu'il y a un autre avenir pour l'agriculture que celui-là.
Reprenons
le débat sur les OGM. Avançons dans le raisonnement et posons un
argument supplémentaire : celui du positionnement de l'agriculture sur
le marché. C'est une idée que je n'ai pas trouvé ailleurs, je vous en
laisse juge. Auparavant, petit retour en arrière : je reviens
rapidement sur un argument que j'ai utilisé et qui n'était peut être
pas recevable, celui de la propagation de maladie (serait elle plus
rapide ou identique à une épidémie de type mildiou ? finalement on ne
sait). Il n'empêche que le problème de la prolifération et du risque
des OGM sur la santé reste entier. Nous avons déjà eu l'épidémie de la
vache folle, la grippe aviaire, que va t'il suivre ? Il faudrait peut
être laisser dame nature tranquille. Les prévisions sur le sujet : j'ai
lu dans science et vie (juillet 2006) que des chercheurs en ogm ont
trouvé le moyen de rendre comestible le coton et ils comptent bien sûr
nous le faire manger dans quelques années. Alors, satisfaits de
l'avenir ? le coton ogm comestible, c'estpeut être bon avec des arômes.
Evidemment c'est un gigantesque marché qu'ils entrevoient mais est-ce
un marché fiable ? Il est presque impossible d'obtenir des
renseignements. Ces entreprises ont une politique commerciale
agressive, qui cherche à mettre la main sur tout un pan de l'économie
(on attend pas que vous demandiez, on démarche directement) et peu
importe les conséquences. Il faut s'imaginer qu'eux sont en pleine
guerre de prise de parts de marché, que ce soit à nos dépens, ça c'est
une autre histoire. Pour la santé ? Faites nous confiance,
confiance.... On ne nous montre que le bon côté des choses. Comme
toujours cela repose au départ sur une belle et grande idée que tout le
monde partage : il faut nourrir le monde entier. Je reste sceptique,
ces produits ne sont pas éprouvés et ne peut-on se nourrir avec ce que
nous avons. Je ne vois pas en quoi nous sommes pressés d'adopter les
ogm, ce sont surtout les industriels qui sont pressés de nous les
imposer. Bientôt avec la prolifération, vous n'aurez plus le choix
entre ogm ou pas d'ogm. Puisqu'il faudra prendre une décision avant
qu'il ne soit trop tard, alors dans le doute abstenons-nous. Appliquons
le principe de précaution et attendons des études fiables.
Et
puis, au niveau de l'entreprise elle-même, il vaudrait peut être mieux
éviter la main mise de ces conglomérats. Je ne sais pas s'il est bon
pour nous de confier ce secteur à ces industriels, cela risque
entraîner des fermetures d'autres entreprises présentes en ce moment
sur le secteur. Mais surtout, nous pouvons nous demander si nous y
avons intérêt également en terme de futures recettes : les ogm est-ce
rentable pour nous, français, ou bien cela va t'il ternir en général
notre image de marque ? Franchement est ce que vous pensez que le pays
de la gastronomie, des AOC, ça « marche » avec les ogm ? Non, bien sûr.
Nous sommes un pays qui évoque tout autre chose dans l'imaginaire
collectif. Les ogm qu'on m'explique en quoi cela va relancer
l'agriculture. Au contraire au niveau économique ça risque de nous être
nuisible pour notre positionnement sur le marché. Dit simplement : nous
risquons de perdre notre label. Et ce n'est surtout pas une chose à
faire. En effet, je table que dans les années futures nous allons en
avoir fortement besoin. C'est à dire que, s'il y a loi contre les ogm,
nous allons pouvoir afficher : la production agricole en France est
garantie sans ogm. Voilà notre publicité, notre marque de fabrique à
l'avenir. Pour donner un exemple actuel, dans vos supermarchés,
certaines boîtes de maïs affichent «garantis sans ogm » nous en
concluons que cette formule est en passe de devenir un argument de
vente. Je pense qu'il faut suivre cette tendance et que c'est la voie
pour notre type d'agriculture assez particulier. Si on fait un peu de
prospective, les ogm sont en train de se propager partout, au Canada,
en Chine et je pense que nous devrions, au lieu d'appliquer une
politique comme monsieur Sarkozy et suivre le chemin tout tracé des
ogm, prendre le contrepied. On peut supposer que les produits sans ogm
deviendront par la suite plus rares, donc plus recherchés, et nous
allons pouvoir établir notre stratégie publicitaire sur cette base. En
d'autres termes, cela va nous permettre de positionner notre
alimentation dans le haut de gamme (une sorte de « certificat », un
critère de différenciation par rapport aux autres productions) Bien
sûr, la répercussion de la décision ne sera pas immédiate, nous ne
verrons pas tout de suite les effets bénéfiques que nous pouvons tirer
de cette politique mais cela portera ses fruits plus tard, le temps que
dans l'esprit les gens associent directement les deux propositions :
France et sans ogm. (pourquoi ne pas simplement noter sur le produit ?
il faut penser aux techniques de vente : ici, pouvoir prendre un
produit les yeux fermés sans souci de vérification).
Il
s'agit donc d'opérer un renversement de situation auquel on ne pense
pas de prime abord mais qui pourrait se révéler être un véritable atout
commercialpour l'agriculture de demain, lié à notre type de culture
traditionnel. Il faut aussi être un peu visionnaire (je répète : après
l'énergie, les économistes prédisent que le prochain combat sera celui
de l'alimentation). Est-ce que ce positionnement va marcher? Oui, il y
a de grandes chances. Il faut utiliser les mêmes techniques qu'eux pour
combattre. D'ailleurs dans le cas contraire si on ne fait pas cela
expliquez-moi comment nous allons nous démarquer sur le marché.
J'attire votre attention sur le fait que ce peut être une chance pour
nous en terme économique.
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Il existe pourtant une directive
européenne sur le contrôle de la dissémination des
OGM, directive qui n'est pas respectée par la France. Bruxelles
vient donc de donner de la voix en direction du gouvernement
français,
en lui demandant instamment la déposition de la directive
à l'assemblée
(cette directive de 2003 est passée au sénat mais est
bloquée depuis).
Si la France ne respecte pas ses engagements, la cour de justice sera
saisie avec amende de 38 millions d'euros à la clef. Pendant ce temps là,
notre Cétautomatix national va aller faire un stage en prison,
pour destruction illicite de plants transgéniques.
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Avenir du secteur
Je crois
que vous commencez à voir où je veux en venir. Nous y
reviendrons plus tard, je laisse le temps à madame Royal d'aller
compter les moutons. Et
si vous nous disiez ce que vous prévoyez
pour l'agriculture au lieu de dire "je vais faire des états
généraux de
l'agriculture" ? C'est trop facile d'attendre que les autres aient des
idées à votre place... Pour ma part, je sais
déjà
très bien ce que je ferais (et j'ai travaillé plusieurs
années
dans le secteur de l'agriculture). J'ai ma
petite idée sur l'agriculture que
je n'ai pas encore vu énoncée par
nos politiciens. Je ne dis pas que je sais tout, loin de là, je
dis juste que parfois je sais, comme lorsqu'on trouve
la solution à un problème mathématique. Je
rappelle juste que je suis spécialisée dans le montage et
l'établissement de structures et que je cherche à avoir
une démarche scientifique. Je ne cherche pas à imposer,
je cherche à démontrer le bien fondé d'une
idée pour améliorer la situation effective.
Quelle est la définition d'un bon publicitaire? C'est celui qui sait sentir la
tendance avant les autres. Cela ne marche pas à tous les coups mais
quand ça marche...
24/03: Le decret
européen pour limiter les ogms devrait passer incessamment
à l'assemblée, nous promet-on.
12/05
Depuis un mois j'ai zappé l'actualité, quel matraquage
électoral ! Et je n'avais pas envie de donner mon avis
sur les concurrents en lice. J'ai du mal à me remettre au travail, les
textes d'une
apparente simplicité sont difficiles à écrire et
prennent du temps. Cependant, il faudra finir et
qui sait si un agriculteur ne bénéficiera pas de ma vaine
parole.
20/05 Reprenons le thème de l'agriculture. Nous avions déjà discuté des ogm et en
étions arrivés à la conclusion que le "sans ogm"
pourrait être un argument de vente intéressant, postulant
que l'homme ces prochaines années se tournera vers des produits
plus sains, meilleurs pour la santé (retour vers les valeurs
traditionnelles). Je vais d'ailleurs vous donner un exemple de cette
recherche qui commence à poindre chez le consommateur : certains
producteurs de pomme de terre du Nord se sont récemment
groupés pour proposer un nouveau label : ils proposent des
pommes de terre qui sont simplement moins traitées que les
autres. Eh bien ça marche! Cette production plus "saine", plus
triée a été appréciée par les
usagers. Ces agriculteurs regroupés ont mis en place un
système de contrat sur plusieurs années avec un prix
invariant pour le consommateur, les structures de vente et les
producteurs eux mêmes.
Nous avons donc mis en avant ici les deux points cruciaux de
l'agriculture : la vente et donc la publicité. En
effet, quel est actuellement le problème de l'agriculture (en
exceptant les calamités naturelles)? Le problème de
l'agriculture ce n'est pas tant de produire, ce n'est pas
réellement le rendement en lui-même, le problème
c'est surtout de vendre à un meilleur prix. Donc si on continue
sur ce chemin, à la base il
y a une question de prix d'achat dans la tranche
agriculteur-intermédiaire(s). Actuellement, une salade vendue
moins de 10 centimes est revendue à terme 1euro au consommateur.
Il y a une trop grande marge entre le prix de vente et le coût de
la production, certains agriculteurs ne peuvent survivre. Ce n'est pas
bon pour l'emploi car le secteur agricole emploie malgré tout
beaucoup de petites mains. Il est difficile de traiter de l'agriculture
en général car l'agriculture française est
très diversifiée, intensive ou extensive selon les
régions. De plus les modes de vente diffèrent : le vin se
vendra en caves, d'autres productions passent par des centrales, et il
y a également la vente par le biais des min (marchés
d'intérêts généraux). Le panorama est large
cependant on peut dire généralement que le
problème se situe au niveau du réseau de distribution. Il
ne s'agit pas tant de savoir où est le problème mais
plutôt comment l'enrayer quel que soit le cas de figure. En gros
il faut casser les liens qui enchaînent l'agriculteur.
L'agriculteur va donc devoir développer des branches directes.
C'est toute la perception du métier qui va s'en trouver
modifiée. Pour ce faire, il y a plusieurs possibilités.
Nous allons tout d'abord examiner les moyens traditionnels de faire une
dérivation en vente directe. Le premier moyen est le
développement par le marché. Le problème est qu'il
faut avoir plusieurs productions, on ne peut vendre qu'une seule sorte
de produits. De plus pour cela il faut mobiliser du personnel (celui
qui va devoir prendre en main le marché proprement dit) et
investir (véhicule). Ne serait-il pas possible d'avoir des
schémas de type associatif, où plusieurs producteurs se
regroupent sous une même enseigne et proposent à la vente
l'ensemble de leurs produits sur un même étal. Plusieurs
agriculteurs définissent un panel d'articles et les mettent en
vente commune, ce qui permet de diviser les frais.¨Le second moyen
est le principe du magasin de vente directe du consommateur au
producteur. Cela se fait de plus en plus individuellement (ces
dernières années, on a vu fleurir ce type de vente) mais
cela pourrait se faire à d'autres échelons. Un groupement
allège les frais et les contraintes.
Et il y a un nouveau moyen qui va permettre aux agriculteurs de se
battre. Ce moyen, je vous en ai parlé au tout début et je
me proposais alors d'en faire un chapitre mais étant
donné son étendue sur plusieurs domaines je
décidais finalement de l'inclure à chaque fois que cela
s'avèrerait nécessaire au sein de chaque thème, ce
moyen, donc, vous l'avez sous les yeux : l'Internet.
02/06/07
J’ai été trop vite, je pose le plan avec trop peu
d’explications.
Je
reviens en arrière. Auparavant je précise que je ne
propose pas de solution globale, tout est à envisager au cas par
cas, chacun doit trouver la solution qui lui convient, tout
dépend
du type d’exploitation, de son ampleur etc. Globalement on peut dire qu'il
y a une mauvaise répartition des marges entre les différents
acteurs de la filière et qu'il y a plusieurs moyens pour y remédier.
Parmi les moyens
traditionnels, nous avons le marché (valable pour les petites
exploitations). La question est : est-ce
rentable ? Les chiffres que j’ai
eu l’occasion de voir sont plutôt en faveur de cette
hypothèse. On peut très bien gagner sa vie en faisant
les marchés. Mais comme dirait le commerçant, personne
ne va vous le dire ! Et ce n'est pas sans travailler bien
sûr. Le commerçant maraîcher achète
généralement au min, et il multipliera le prix
d’achat des produits au minimum
par deux, souvent 3, 4. Ce qu’on explique par le
caractère périssable des denrées (qui
engendre un certain
nombre de pertes). Il paye les places, le
personnel, l'étal et le véhicule. Faites vos comptes.
J’émets une idée qui vaut ce qu’elle
vaut : un
employé qui fait le tour des fermes et organise le
marché. Une autre technique à laquelle on pense peu est
celle de la vente directe aux restaurants, qui fonctionne
également
par tournées. De ce fait on évite les
intermédiaires. Troisième moyen : la cueillette par les
particuliers. Valable pour
certaines ressources (par exemple les fraises). Les particuliers
viennent cueillir eux mêmes les produits en champs clos ou en
serres
puis passent à la caisse. Les frais de main d'oeuvre sont
évités. Ce
moyen peut aussi être couplé à un magasin de vente
directe de
productions complémentaires. Cela nécessite un
employé à la vente. Quatrième moyen, donc : la
vente
directe par magasin à la ferme, actuellement en forte expansion.
Ce mode de vente
pourrait également s'appliquer à des groupements.
(plusieurs agriculteurs créent par exemple un magasin
unique).
A un niveau plus élevé,
il faudrait favoriser les
regroupements d'agriculteurs ou de communes et
régions productrices. Prenons l’exemple du lingot et
du haricot vert de Merville. 40 communes de la région de
Merville se sont regroupées en un label rouge. Deux
spécialités sont produite : un haricot blanc et un
haricot vert (qui en fait est le même haricot
récolté à des maturités
différentes) Des contrats ont été conclus en
partenariat avec la
chambre d’agriculture pour organiser la vente avec certaines
enseignes. Par ces contrats il y a à la fois
une garantie d’achat et une garantie de stabilité
de prix pour le consommateur. Autre exemple : 15 producteurs du nord
ont créé un label de pommes de terre qui contiennent
moins
de pesticides. Ils ont passé un accord avec la chambre
d’agriculture et le min pour une distribution et un maintien des
prix assurés sur plusieurs années. Voilà qui peut
s’appliquer à d’autres
produits tel que l’épinard, l’endive… De
même, au niveau communal, les mairies qui veulent soutenir leur
commerce devraient repenser les
maisons de type associatives avec vente de produits du pays. Au niveau
régional, les chambres d'agriculture et autres acteurs et
conseillers de la filière ont un rôle à jouer dans
la mise en place de ce type de collaboration.
Le nouveau moyen de vente directe
est l'Internet mais il n'a pas encore pris tout son essor. La
création
de sites est en hausse mais pour l’instant il n'y a pas
véritablement de
portail. On note cependant une timide prise en charge par certains
organismes, par
exemple
les chambres du nord pas-de-calais ont pris en charge les produits
« saveurs du nord » mais ce
système non seulement n'est pas assez développé
mais de plus
n’est pas optimisé. C'est le créneau des
années futures. Par exemple, le vin ne peut plus être
vendu comme nous le faisons traditionnellement
en caves. L'acheteur doit avoir à sa disposition un site
internet où il puisse consulter et commander sans se
déplacer. Nous travaillons à l'ancienne... Il faut
favoriser l'exportation directe. D'ores et déjà
l'agriculteur doit penser à mettre en place une vente
individuelle par internet ou à développer la vente
collective du groupement donné.
L'agriculteur ne
doit plus seulement produire, il faut qu'il se préoccupe
désormais de la vente. On ne peut plus voir l'agriculture telle
que la pensaient nos aieux, il faut se moderniser et donc
empiéter sur le territoire de la vente effective du produit.
Nous allons devoir faire face à une modification du rôle
de
l’agriculteur et des collectivités qui lui sont
liées.
18/06/07
Nous poursuivons sur le thème de l'agriculture. Nous avons vu premièrement les moyens de
vente à développer (il faut favoriser la proximité avec
le consommateur). Deuxièmement, examinons les nouveaux marchés qui émergent.
Parce qu’il ne suffit pas d’arracher les vignes ou les pommiers
comme l’état le préconise, il faut encore mettre
autre chose à la place. Avant 1878 le Languedoc était
couvert non de vignes mais de mûriers (vers à soie), la
reconversion ne date donc pas d’hier. Que voit-on se distinguer ? La filière bois
prend de l’extension
(en parallèle il faut de plus former des personnels
spécialisés, anticiper le mouvement : formations
de fumistes dans l’éducation nationale). Il y a un retour
vers ce type d’énergies de plus en plus rentables. Par
exemple dans l’Est on note un renouveau des grands poêles
à
bancs avec des céramiques. En 2006, la vente d’appareils
de
chauffage au bois a augmenté de 40%. La consommation de bois
va donc s'accroître ces prochaines années. Se
développent également les cultures de plantes à
usage aromatique ou
phyto-thérapique. La demande est en hausse pour les
plantes telles que la marjolaine, la sarriette et autres condiments
plus rares, également une demande au niveau des fleurs qui
peuvent agrémenter un plat : violette des champs, rose,
capucine, campanule, marguerite… et des plantes dites « de
médecine douce ». Autre voie à explorer,
celle de la culture à des fins non alimentaires par
exemple certaines céréales peuvent servir à
fabriquer des gardes-boues ou entrent dans la composition de sacs
bio-plastiques, dégradables en 30 jours (chimie végétale :
blé, maïs) ou encore à usage cosmétique
(avoine). Il existe d’autres possibilités actuellement
bloquées par des lois restrictives : on sait qu’à
base d’orties, de fougères ou de pissenlits on peut faire
d’excellents engrais naturels mais pour l’instant ce procédé
sain est « non homologué », il doit
déplaire à certains professionnels de la chimie que
d’autres fassent de l’engrais, sinon on ne voit pas vraiment
pourquoi. Il est bien entendu que je ne fais ici que donner quelques pistes,
je n’apporte pas toutes les solutions. Chacun doit voir en
fonction de l’existant les modifications possibles. Il y a à
examiner à la fois : le type de production et le mode de
vente de cette production.
Généralement,
il faut trouver des
niches, il faut se diversifier, éviter la tendance à
l’uniformisation car elle risque d’entraîner une
dissolution sur le marché des produits. Ce qui fait notre
force au contraire c’est la diversité. Il faut profiter du
fait que nous ayons des climats et des reliefs très
diversifiés, favorables à certaines cultures ou
élevages (ex : agneau de pré salé, sel de
guérandes, etc) il faut faire du spécifique et non le
générique auquel nous entraîne la mondialisation
(car c’est pour mieux te manger, mon enfant ).Le problème
de l’agriculture réside dans son
organisation. Une façon de se prémunir est de
créer des
labels, ou de les défendre. Par exemple, lorsque vous achetez
des herbes de Provence, en toute bonne foi vous pensez acheter des
herbes provenant de cette région. En réalité,
95% de la production vient d’Europe de l’Est car il
n’existe
pas d’appellation réservée sur ce produit.
Suite
à cette constatation, certains producteurs se sont
récemment
unis afin de demander la sauvegarde du nom d’origine. Il faut
protéger les noms, c’est important. Nous, français,
savons bien que le meilleur artichaut
est ? De Bretagne évidemment. Que le thym le plus odorant
vient du midi bien sûr, il n’y a aucune comparaison et nous
pourrions ainsi multiplier les exemples. La terre compte, le climat
aussi, voyons. Je crois que nous avons une chance
phénoménale
avec nos terres fertiles, balayées du maritime au continental.
Une situation exceptionnelle, que nous ne savons pas exploiter au
mieux.